Jacques Chardonne, Eva ou Le journal interrompu, 1930 (éd. folio)
« Il y a des gens de tempérament jaloux, triste, insatiable, diabolique. Leur amour se ressent de ces vices ; il en tire parfois des aspects fulgurants. Un vice n’est pas l’amour. » (p. 27)
« Il y a un mirage favorable à l’amour, qui tient à la distance d’un objet inaccessible. Il y a un mirage plus favorable encore qui vient de la proximité d’un être et de sa fréquentation intime et prolongée. » (p. 34)
« Il y a plusieurs femmes dans une femme sensible et c’est ce qui attache si fort en déchirant. » (p. 54)
« Perpétuelle enfance de la femme : la grâce expansive, la mélancolie, le rire, la peur, les larmes, le cœur toujours avide. » (p. 77)
« Je sais maintenant ce qu’il y a de terrible dans le bonheur… Elle était ma force ! qu’est-ce que j’ai gardé pour moi ?... Une femme qu’on a aimée tant d’années, c’est beaucoup plus qu’un amour… C’est votre monde, le goût de la vie, hier, demain… » (p. 130)
« Le présent n’est pas borné à l’instant actuel ; il s’étale sur plusieurs jours et englobe des événements reculés, qui n’ont pas fini de nous émouvoir. » (p. 139)
« On pourrait voir, dans ce récit, l’histoire amère et bouffonne d’une femme qui a accaparé et amoindri un homme qu’elle n’aimait pas, lequel croyait l’aimer. Pour moi, ce fut une autre histoire, triste ou gaie, je ne sais, mais belle assurément, et profonde, utile, émouvante, car la vie est toujours grande. Je ne voudrais pas qu’on en rie. » (p. 150)
(6 – 10 avril 2008)
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