Un jour de printemps, Daphnée me raconta qu’une copine lui avait fait lire quelques mois plus tôt des histoires érotiques, et qu’elle y avait trouvé du plaisir. Comme il m’était arrivé d’écrire ce genre de récits, je lui proposai de lui envoyer un texte dans lequel j’essaierais de nous mettre en scène. Elle accueillit la proposition avec enthousiasme.
L’histoire, très conventionnelle, se passait dans un grand magasin. Je restais un moment à observer Daphnée au rayon des ustensiles de cuisine, puis à l’étage des tenues féminines. Elle était belle et élégante, habillée avec goût. Je la suivais à distance, sans me cacher, à la recherche d’un signe d’entente. Elle, qui d’abord ne daignait pas m’accorder un regard, se prêtait ensuite à mon jeu en se dirigeant vers le rayon lingerie où se trouvaient les ensembles trois pièces. À la fin, violemment attirés l’un par l’autre, je l’entraînais hâtivement dans un petit cagibi qui fermait à clef.
Cette histoire plut à Daphnée qui m’invita à en écrire d’autres. Si bien qu’à la fin du mois de mai, je lui proposai de devenir mon assistante personnelle.
Je dois préciser que tout le temps que dura « notre histoire » (de juin 2007 à mars 2008), nous ne pratiquâmes jamais de cybersexe. Nos conversations sur MSN pouvaient être suggestives, voire crues, elles n’étaient pas destinées à nous conduire à des caresses en direct, encore moins à simuler « une relation sexuelle » à distance. Daphnée était réfractaire à ce genre de pratiques. Les scènes érotiques se passaient dans les récits que j’écrivais, et quelquefois dans les réponses qu’elle donnait aux questions portant sur son couple. L’excitation n’était pas absente, mais, par pudeur, Daphnée attendait d’être couchée pour se faire jouir.
Pour la même raison, elle refusa toujours qu’on s’appelle au téléphone, même si, sur cette question, elle me laissa espérer plusieurs fois qu’elle ferait un effort un jour.
Nos échanges restèrent épistolaires : on continua à converser sur MSN ou par mails, et je lui envoyai régulièrement des textes érotiques.
Dès ce moment, nous occupâmes une position à l’intérieur d’un dispositif réglé, que nous ne quittâmes plus jusqu’à la fin.
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